|
CITATIONS
|
|
« L'onnagata est la fleur du Kabuki, et bien que dans ce domaine les grands anciens soient indispensables, s'il n'y avait pas ces fleurs en bouton que sont les jeunes, le Kabuki ne pourrait survivre. Aujourd'hui, quand bien même on voudrait cultiver de telles fleurs, il n'y a pas de terroir pour ce faire, et l'on ne peut qu'attendre impatiemment un miracle. Cette attente a été récompensée, et Tamasaburô, jeune onnagata dont l'élégance et la délicatesse évoquent le travail de l'ivoire, nous est né, preuve vivante de la vitalité du Kabuki » |
||
|
Mishima Yukio, août 1970
|
||
| La traduction est de Michel Wasserman et l'article a été publié dans le numéro 428 de la revue Critique (1983). Le jeune Tamasaburô dont il est question dans cette citation est la star Bandô Tamasaburô V. | ||
|
« L'ennemi devient un ami, l'allié un rebelle, la femme un homme, l'homme une femme. La grotte au fond de la montagne abrite un mystérieux guerrier, le puits du jardin dissimule un espion à la solde de l'ennemi. Des incidents imprévisibles se produisent, des personnages inattendus surgissent pour s'évanouir tout aussi soudainement. Toutes ces surprises ne sont-elles pas précisément celles qui traversent nos rêves ? Alors on sabre les gens comme l'on faucherait un pré, on connaît l'avenir comme s'il était inscrit sur la paume de la main ; un poing brandi fait éclater le rocher, un court instant permet de franchir des centaines de lieues. Apres s'être ouvert le ventre, on parle interminablement, ou alors on ressuscite d'entre les morts. Tous ces faits arbitraires, hyperboliques, ne sont-ils pas ceux-là mêmes que nous voyons dans nos rêves ? » |
||
|
Le dramaturge Tsubouchi Shôyô
|
||
| Source : Le Kabuki devant la modernité. | ||
| « Les réduits où se donnaient ces spectacles, dans l'empuantement des fumées d'opium, les relents de victuailles, les moiteurs âcres des crachats purulents : sans décors, au reste, sous un jour, sous une lumière donnés. Pas de sièges, cela va sans dire, la natte traditionnelle, aux tons pisseux. Un parterre de jambes croisées, un parterre de tailleurs ! Les naturels friands d'émotion, assistaient là à des scènes d'un tragique échevelé, mêlé de comique horrifiant : on passait d'un rire bestial à l'horreur stupide, sans transition et sans merci. Un spectacle primitif pour êtres primitifs. La seule explication de tant de trivialité pourrait être celle-ci : le spectacle n'a été jusqu'alors au Japon, qu'un amusement canaille, dévolu au bas-peuple » | ||
|
Victor de Marzat, « Sur le théâtre japonais »,
juin 1910
|
||
| Je laisse le lecteur apprécier seul l'ouverture d'esprit de ce brillant chroniqueur ! Source : Le Kabuki devant la modernité. | ||
| « Sachiko avait pensé que Kikugorô, le grand acteur, recommencerait sa saison théâtrale en septembre. C'était une bonne occasion d'emmener Etsuko pour le voir. Comme elle aimait la danse, elle serait intéressée par les pièces dansées. On ne savait si la tradition du Kabuki n'aurait pas disparu quand elle serait grande; il fallait lui faire voir Kikugorô maintenant. Sachiko se rappelait le temps de sa jeunesse où son père l'emmenait au théâtre chaque fois que jouait Ganjirô. » | ||
|
Tanizaki Jun'ichirô, « Quatre sœurs », 1948
(titre original : « Sasame Yuki »)
|
||
| L'extrait est tiré de la version parue chez Gallimard dans la collection Folio. La traduction est signée G. Renondeau. Le Kikugorô en question est Onoe Kikugorô VI. Quant à Ganjirô, il s'agit de Nakamura Ganjirô I. Le roman Sasame Yuki se déroule dans la région de Ôsaka à la fin des années trente. Nous ne sommes heureusement pas amenés à partager les inquiétudes de Sachiko en ce qui concerne l'avenir du Kabuki. |
| Page précédente | Menu | Top | Page suivante |