| Résumé |
La première scène se déroule dans une auberge tenue par Manjû, un guerrier
du clan Minamoto qui est tombé en disgrâce. Un soir, un étrange visiteur,
le moine Myôden, se présente sur le hanamichi et demande l'asile
pour la nuit. Shigesaku, un yakko au service de Manju, engage la
discussion avec l'homme de religion et s'aperçoit qu'il a l'accent des
provinces de l'est dont il est lui-même originaire. Après une longue discussion
à bâtons rompus, les deux hommes en viennent à parler de la rébellion
de Taira Masakado et de sa dernière bataille. Shigesaku entreprend le
récit de la mise à mort du général rebelle en prenant le point de vue
de Tawara no Tôta, le grand samouraï qui porta le coup de grâce. Myôden
prend la voix de Masakado et plus le récit s'approche des derniers instants
de Masakado, plus l'émotion se fait grande dans la voix du moine. La tension
atteint son paroxysme lorsqu'il brise d'un seul coup son nécessaire à
tabac en bois. La discussion s'arrête là et mais un doute est né dans
l'esprit de Shigesaku. Myôden qui n'a fait que se lisser les poiles de
barbe depuis son installation dans l'auberge, fait remarquer qu'il se
raserait bien. Munie d'une pince géante, il commence une épilation longue
et peu efficace. Shigesaku propose de s'occuper du rasage le lendemain
en utilisant la serpe que lui a donnée une jeune paysanne des environs.
La deuxième scène se déroule dans les jardins de l'auberge. Les érables
aux feuilles rougeoyantes nous rappellent l'automne. Myôden et Shigesaku
font leur apparition par la trappe principale de la scène (seriage)
en position de rasage : Myôden tenant un baquet d'eau des deux mains et
Shigesaku agitant une serpe gigantesque sous la gorge du moine. Cette
double pose symbolise Kamahige. Les mie se succèdent les uns à
la suite des autres, pour le plus grand plaisir du public. Dans la confusion
qui suit le rasage, les deux protagonistes font tomber chacun une tablette
funéraire et se saisissent subrepticement de celle de l'autre. Shigesaku
se rend compte qu'il tient la tablette de Taira Masakado et que, par voie
de conséquence, Myôden est bien Taira Yoshikado, le fils de Masakado.
Ce dernier découvre que l'autre plaquette porte le nom de Tawara no Tôta,
permettant ainsi de reconnaître en Shigesaku son fils Tawara no Kotôta
(le petit Tôta). Un roulement de tambour violent en provenance du geza
souligne la présence de forces surnaturelles dans le jardin de l'auberge.
Les deux combattants s'évanouissent. Le premier à retrouver ses esprits
est Kotôta qui, par l'intermédiaire d'un magnifique roppô, s'en
va chercher des renforts de l'autre côté du hanamichi. Yoshikado
se relève à son tour et assiste à l'apparition de sa sœur, la princesse
Takiyasha qui lui demande de consacrer toutes ses forces à l'éradication
de Minamoto Manjû et Tawara no Kotôta. Cette apparition est un clin d'œil
à celle de Soga Jûrô dans la pièce Ya no Ne.
Le combat final commence par un superbe bukkaeri qui nous dévoile
le magnifique costume de guerre de Yoshikado. Une première troupe de fantassins
est mise en déroute à grands coups de rocher et de tronc d'arbre (parodie
de la pièce Kagekiyo). La pose triomphante du général du clan Taira est
de courte durée puisqu'il se retrouve encerclé par une nouvelle troupe,
plus nombreuse et très colorée (l'occasion pour la guilde de l'Omodakaya
de montrer tous ses jeunes acteurs dans leurs plus beaux costumes) conduite
par Minamoto Manjû. Dans un petit discours plein d'admiration pour la
force de son adversaire, Manjû se déclare prêt à en découdre sur un champ
de bataille mais, ne voulant pas abuser de sa supériorité numérique, renvoie
le combat à plus tard. Pose finale pour l'ensemble des acteurs tandis
que le grand rideau de scène est tiré.
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