Auteur Inconnu
Historique Janvier 1769 - Pièce jouée pour la première fois par Ichikawa Danjûrô IV au Moritaza à l'âge de neuf ans !
Mots-clefs Jidaimono - aragoto
Résumé

La première scène se déroule dans une auberge tenue par Manjû, un guerrier du clan Minamoto qui est tombé en disgrâce. Un soir, un étrange visiteur, le moine Myôden, se présente sur le hanamichi et demande l'asile pour la nuit. Shigesaku, un yakko au service de Manju, engage la discussion avec l'homme de religion et s'aperçoit qu'il a l'accent des provinces de l'est dont il est lui-même originaire. Après une longue discussion à bâtons rompus, les deux hommes en viennent à parler de la rébellion de Taira Masakado et de sa dernière bataille. Shigesaku entreprend le récit de la mise à mort du général rebelle en prenant le point de vue de Tawara no Tôta, le grand samouraï qui porta le coup de grâce. Myôden prend la voix de Masakado et plus le récit s'approche des derniers instants de Masakado, plus l'émotion se fait grande dans la voix du moine. La tension atteint son paroxysme lorsqu'il brise d'un seul coup son nécessaire à tabac en bois. La discussion s'arrête là et mais un doute est né dans l'esprit de Shigesaku. Myôden qui n'a fait que se lisser les poiles de barbe depuis son installation dans l'auberge, fait remarquer qu'il se raserait bien. Munie d'une pince géante, il commence une épilation longue et peu efficace. Shigesaku propose de s'occuper du rasage le lendemain en utilisant la serpe que lui a donnée une jeune paysanne des environs.

La deuxième scène se déroule dans les jardins de l'auberge. Les érables aux feuilles rougeoyantes nous rappellent l'automne. Myôden et Shigesaku font leur apparition par la trappe principale de la scène (seriage) en position de rasage : Myôden tenant un baquet d'eau des deux mains et Shigesaku agitant une serpe gigantesque sous la gorge du moine. Cette double pose symbolise Kamahige. Les mie se succèdent les uns à la suite des autres, pour le plus grand plaisir du public. Dans la confusion qui suit le rasage, les deux protagonistes font tomber chacun une tablette funéraire et se saisissent subrepticement de celle de l'autre. Shigesaku se rend compte qu'il tient la tablette de Taira Masakado et que, par voie de conséquence, Myôden est bien Taira Yoshikado, le fils de Masakado. Ce dernier découvre que l'autre plaquette porte le nom de Tawara no Tôta, permettant ainsi de reconnaître en Shigesaku son fils Tawara no Kotôta (le petit Tôta). Un roulement de tambour violent en provenance du geza souligne la présence de forces surnaturelles dans le jardin de l'auberge. Les deux combattants s'évanouissent. Le premier à retrouver ses esprits est Kotôta qui, par l'intermédiaire d'un magnifique roppô, s'en va chercher des renforts de l'autre côté du hanamichi. Yoshikado se relève à son tour et assiste à l'apparition de sa sœur, la princesse Takiyasha qui lui demande de consacrer toutes ses forces à l'éradication de Minamoto Manjû et Tawara no Kotôta. Cette apparition est un clin d'œil à celle de Soga Jûrô dans la pièce Ya no Ne. Le combat final commence par un superbe bukkaeri qui nous dévoile le magnifique costume de guerre de Yoshikado. Une première troupe de fantassins est mise en déroute à grands coups de rocher et de tronc d'arbre (parodie de la pièce Kagekiyo). La pose triomphante du général du clan Taira est de courte durée puisqu'il se retrouve encerclé par une nouvelle troupe, plus nombreuse et très colorée (l'occasion pour la guilde de l'Omodakaya de montrer tous ses jeunes acteurs dans leurs plus beaux costumes) conduite par Minamoto Manjû. Dans un petit discours plein d'admiration pour la force de son adversaire, Manjû se déclare prêt à en découdre sur un champ de bataille mais, ne voulant pas abuser de sa supériorité numérique, renvoie le combat à plus tard. Pose finale pour l'ensemble des acteurs tandis que le grand rideau de scène est tiré.

Remarques Kamahige, qui fait partie de la prestigieuse collection Kabuki no Jûhachiban, la sélection des meilleures pièces de la guilde Naritaya, est devenu l'apanage de la guilde Omodakaya. Ce petit bijou parodique a été sorti de l'oubli par Ichikawa Ennosuke II et Ichikawa Danshirô II en octobre 1910 à l'occasion de leur shûmei. Kamahige n'est depuis joué qu'à l'occasion de grands événements consacrant le talent des acteurs de la guilde Omodakaya :
Année
Yoshikado
Kotôta
Evénement
Octobre 1910
Shûmei : Ichikawa Ennosuke I prend le nom de Ichikawa Danshirô II tandis que Ichikawa Danko I prend celui de Ichikawa Ennosuke II
Juillet 1930
Ichikawa Danshirô III
Shûmei : Ichikawa Danko II devient Ichikawa Danshirô III
Juillet 1971
Le Kabukiza donne pour la première fois carte blanche à Ichikawa Ennosuke III et son Omodakaya pour monter leur propre programme de Kabuki.
Juillet 2000
Ichikawa Ennosuke III fête la trentième édition de son programme estivale au Kabukiza et les cent dix ans du nom Ichikawa Ennosuke.

Prochaine programmation en 2029 ?

Ichikawa Danjûrô VIII (en haut) et son père Ichikawa Ebizô V (en bas) interprétant les rôles de Tawara no Kotôta et Taira no Yoshikado dans la pièce « Kamahige »
Estampe grand format (Torii Kiyosada)
Estampe grand format (Utagawa Toyokuni 1852)
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